Mouscron: 15 ans de prison contre les bourreaux de Brayan

Le calvaire du gamin a duré durant de long mois, avant la soirée qui aura failli lui coûter la vie.
Le calvaire du gamin a duré durant de long mois, avant la soirée qui aura failli lui coûter la vie. - d.r.

Jamais le mot « maman » ne sera prononcé, ce jeudi, lors de cette première audience du tribunal correctionnel de Tournai. Aussi bien par les avocats de la partie civile que par l’avocate générale Ingrid Godart. Gaëlle Verhamme, la génitrice comme elle sera définie, ne le mérite tout simplement pas.

Derrière son visage d’ange se cache une jeune femme qui a laissé Miguel D’Hondt, son compagnon, s’acharner sur son gamin de 2 ans. Le quotidien de Brayan n’est qu’une accumulation de punitions bien trop lourdes pour un enfant de cet âge-là. « Il devait rester des heures les bras levés. Parfois avec un dictionnaire dans chaque main », a décrit le juge Moulard. Comble de l’horreur, Gaëlle Verhamme a raconté une partie de ses « exploits » à ses camarades de classe, elle qui suivait une formation de… puéricultrice. «  Vous avez déclaré que vous avez simulé plusieurs fois une noyade sur Brayan et cela devant trois témoins. », interroge le juge Moulard. Là aussi, elle contestera à nouveau ces déclarations.

Celle qui déclare être blanche comme neige dans cette affaire envoyait malgré tout des SMS à Miguel D’Hondt, son compagnon, pour qu’il punisse Brayan. « Vous saviez que cela se terminait à chaque fois par des coups, mais vous avez continué », martèle le juge. « Je n’étais plus moi-même à ce moment, j’étais devenue très froide. Brayan ne m’écoutait pas ! » Elle a également déclaré avoir camouflé les coups avec du fond de teint pour pouvoir sortir faire les courses, car elle avait honte. Et surtout car elle voulait « protéger Miguel. »

Quant à Miguel D’Hondt, il assume comme lors des premiers interrogatoires. « C’est dans mon éducation, j’assume mes conneries. Oui, je frappais Brayan. Je l’ai secoué et je lui ai mis plusieurs baffes sur les testicules. » Un récit qui donne la nausée et qui démontre bien cette escalade de la violence au cœur de cette maison sociale de la rue du Théâtre. Jusqu’à cette soirée du 16 juillet où le seuil de la violence atteindra des sommets. Miguel D’Hondt va alors corriger à sa manière le petit Brayan qui tombera plusieurs fois au sol avant de convulser et d’être réanimé. Ce n’est que le lendemain que le gamin sera transporté à l’hôpital dans un état lamentable. Depuis, les cinq prévenus ne cesseront d’essayer de sauver leur peau. « Aucun d’entre eux n’aura pris la peine de demander des nouvelles du petit », a souligné un inspecteur qui a mené l’enquête.

Vu la gravité des faits, l’avocate générale a requis à l’encontre des deux bourreaux une peine de 15 années de prison. Elle estime que l’implication de Gaëlle et Miguel est similaire. Trois autres prévenus étaient aussi convoqués à la barre. La grand-mère et deux amis du couple qui risquent deux ans de prison pour non-assistance à personne en danger. « Fermer les yeux n’était pas la solution ».

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