Comment les communes de Mons-Borinage aident-elles leurs clubs?

Les autorités sensibles à la présence de jeunes dans les clubs.
Les autorités sensibles à la présence de jeunes dans les clubs. - D.R.

Il était déjà compliqué d’imaginer des rencontres de championnat sans buvette. L’endroit, il est vrai, constitue le centre névralgique des clubs. C’est devant le comptoir que se refont les matches dans une ambiance conviviale. Et puis, les rentrées du bar permettent aux associations de subsister, tout simplement. Malgré les buvettes fermées, les clubs faisaient contre mauvaise fortune, bon cœur. Après tout, leurs affiliés pouvaient continuer la pratique de leur passion.

Mais voilà, l’épidémie a repris de plus belle, si bien que toutes les compétitions viennent d’être annulées, purement et simplement. Tout au moins reportées, dans un premier temps. Là, les clubs ont commencé à craindre le pire. Car le sport à l’arrêt n’entraîne pas nécessairement des charges à l’arrêt. Au contraire. Les trésoriers ont des frais de fonctionnement qui tombent à intervalles réguliers à régler, sans parler des diverses taxes.

Des aides directes et indirectes

Pour s’en sortir, ils n’ont plus trop de solutions. Ils peuvent toutefois compter sur l’appoint de leurs autorités communales. Ces aides apparaissent sous diverses formes. Directes, soit une somme d’argent allouée aux clubs en fonction de leur niveau hiérarchique, de leur nombre d’affiliés, de leur rôle social ou pas. Et puis, il y a les interventions indirectes comme, par exemple, les terrains et les infrastructures mis gracieusement à la disposition des équipes. Chaque commune fait évidemment en fonction de ses moyens, de sa taille et de sa politique générale. Le point sur la situation à Mons-Borinage.

F.Mi.

Interventions directes, de 50€ à 150.000

N1 à la mons.arena.
N1 à la mons.arena. - News

À Mons-Borinage, un club évolue au plus haut niveau : Mons-Hainaut. Il a été soutenu en fonction de ce statut, comme le confie Mélanie Ouali, échevine des Sports de Mons  : « BMH, seul club de Mons à évoluer au sein de l’élite, a reçu 150.000€. Quand nous avions imaginé ces aides, en juin, nous pensions que la saison allait se dérouler normalement. Hélas, ce n’est pas le cas. Or, les factures continuent à tomber à la Diamonte mons.arena. D’où cette aide importante qui, cela dit en passant, a été acceptée sans la moindre objection au conseil communal. Les deux clubs de foot de D3 amateurs, la Renaissance Mons et le Symphorinois, ont chacun reçu 7.500€. Quant à Villers 2000, le club de jeu de balle, il a eu 5.000€. Par ailleurs, tous les clubs formateurs qui, chaque année, bénéficient de subsides, ont aussi touché 5.000€. Tous les domaines sont concernés : tennis, danse, gymnastique, basket, football, rugby, volley, boxe, hockey, tennis de table, foot américain… Un club qui n’a pas d’école de jeunes ou de centre de formation, perçoit entre 250 et 1.250€, selon qu’il dispose, ou non, d’un terrain, mais aussi en fonction du nombre d’affiliés. Enfin, le cas des associations qui n’ont pas d’aides habituelles, est à l’analyse. Une chose est sûre : nous n’allons laisser personne sur le côté ».

À Frameries, Arnaud Malou explique le geste fort posé par la commune via son plan de relance économique pour le monde sportif et associatif. « Un soutien de 1.500€ est prévu pour les clubs organisés en ASBL qui exercent leurs activités sportives à Frameries, qui sont affiliés à une fédération sportive reconnue par l’ADEPS, qui proposent des cours encadrés par des formateurs qualifiés, qui disposent d’une grille horaire de cours hebdomadaire et qui participent à une ou des compétition(s) officielle(s). En outre, un soutien de 4.000€ est prévu pour ces clubs si, en plus des premiers critères, ils gèrent aussi une école de jeunes qui comptent au moins 100 affiliés ».

Laurent Bougard, en poste à Quévy, rappelle que le collège communal a pris l’initiative d’envoyer un formulaire à toutes les associations en ASBL pour connaître leur situation. « Et elles ont toutes répondu. En plus d’une aide pour l’Horeca, elles reçoivent une enveloppe, entre 250 et 500€, en fonction de l’importance de leurs activités. Par ailleurs, le subside annuel a été avancé et revu à la hausse pour tous les clubs de la commune, ce qui leur apporte un petit bol d’air ».

De subside accru, il en est aussi question à Quaregnon, comme l’explique son échevine Christelle Demoustiez  : « Cette année, nous avons doublé le subside par rapport aux montants habituels. Des clubs ont demandé une aide financière, d’autres pas. Pour obtenir une intervention, une association doit répondre à plusieurs obligations : rentrer un dossier, publier ses comptes, avancer un certain nombre d’activités et de membres… Une fois le dossier entre les mains de la commune, elle octroie entre 50 et 1.000€, en fonction de la taille du club, de ses besoins… »

Enfin, après une première manne, le Dourois Patrick Poli envisage d’aider à nouveau les clubs en difficultés : « Nous avions déjà réuni un peu moins de 90.000€ à l’attention des secteurs culturel et sportif. Chaque association, a reçu une aide financière calculée en fonction de certains critères à remplir. Comme la crise semble impacter pas mal de disciplines jusqu’à la fin de l’année civile, nous allons voir s’il est encore possible de faire un geste. Une réunion est prévue pour déterminer d’éventuels futurs subsides ».

Locations gratuites par tradition, ou annulées

Fabrice Fourmanoit, échevin des Sports de Saint-Ghislain, rappelle qu’en temps normal, les clubs profitent gratuitement des différentes installations sportives proposées sur la commune. « Avec la crise sanitaire, nous les accompagnons du mieux possible par rapport aux mesures qui tombent. Par exemple, pour les stages, nous intervenons à hauteur de 50 % dans le prix grâce à Action Jeunes. Cette aide ne profite pas directement aux clubs, mais à nos yeux, elle s’avère importante sur le plan social et au niveau de la qualité de l’éducation ».

« À Saint-Ghislain, la politique sportive vise à permettre au plus grand nombre de pratiquer une activité physique dans de bonnes conditions, en fonction d’un panel de disciplines que nous voulons le plus large possible. D’où la gratuité de l’accès aux infrastructures. Nous veillons aussi à ce que les associations proposent des tarifs plafonnés. Enfin, nous adaptons nos interventions au niveau auquel évoluent nos représentants. Un promu, par exemple, bénéficiera d’un investissement plus important pour lui garantir un matériel de qualité et un éclairage répondant aux normes. Le but est de permettre aux clubs de poursuivre leur progression ».

Même genre de démarche à Hensies, comme le détaille Eric Thomas  : « La suspension de toutes les activités plonge évidemment les clubs dans le rouge. Nous les avons invités à se manifester s’ils se retrouvent en grandes difficultés. Concrètement, nous n’avons pas augmenté les montants alloués, mais nous aidons ponctuellement, selon les besoins de chacun. Nous avons pour habitude de payer l’eau et l’électricité aux clubs via un subside annuel au prorata du nombre d’équipes engagées. En temps normal aussi, s’ils ont besoin de nouveaux filets pour les goals, ils passent commande et règlent la facture. Ici, avec la crise sanitaire, nous prenons désormais en charge ce genre de dépense ».

À Jurbise, Jacqueline Galant et les membres du collège n’épaulent pas les clubs avec des subsides. « Par contre, nous les aidons au niveau logistique, à l’instar de la nouvelle buvette du FC Vacresse. Nous entretenons aussi régulièrement les terrains, en assurant les tontes, entre autres. Par ailleurs, nous permettons aux clubs de disposer gratuitement de la salle communale, une fois par an, pour l’organisation des soupers. Il s’agit donc d’interventions indirectes, mais elles restent importantes dans la vie des clubs. Par rapport à la crise sanitaire, la commune octroie 500€ aux clubs s’il s’agit de leur activité principale. Et 500€ aussi à ceux qui déplorent des pertes et ont des frais de fonctionnement important ».

Enfin, Karim Mariage, de Colfontaine, rappelle que la commune n’a pas attendu la crise sanitaire pour aider ses clubs. « Les prix de location des salles, chez nous, s’avèrent très démocratiques. La commune prend aussi en charge certains frais de fonctionnement. Exemple, elle règle les notes d’eau, de gaz et d’électricité des deux clubs de foot. Quand le sport avait pu reprendre après la première vague, nous avions laissé tomber trois ou quatre mois de location pour les installations du sentier de Liernes au profit des clubs de basket de karaté. La mesure sera sans doute prolongée dans le temps, vu la situation actuelle. Quant aux aides à proprement parler, elles sont en pourparlers ».

Ailleurs, des cas toujours à l’étude

Gaël Robillard, échevin des Sports de Quiévrain, se félicite d’avoir trouvé une solution pour les commerces. « Mais pour l’instant, nous n’avons pas de plan financier pour aider les clubs sportifs. Il y a tellement de domaines impactés, et tellement d’évolutions au fil des jours… Maintenant, chaque association retient l’attention du collège. Il est donc clair que nous ne resterons pas les bras croisés si un club se retrouve dans le besoin, confronté à des difficultés. Nous aviserons au cas par cas, avec les moyens du bord, afin d’apposer les rustines là où cela s’avère nécessaire ».

Le discours de Domenico Pardo, de Boussu, n’est pas différent, même si… « Nous envisageons une exonération par rapport à la location des bâtiments. Et dans le cadre d’un plan de relance, nous avons déjà lancé un chèque de 100€ adressé aux jeunes jusqu’à 21 ans. Ce montant pouvait notamment servir à payer une partie des cotisations réclamées par les clubs, en début de saison. Maintenant, chaque association doit établir un dossier. De notre côté, nous allons analyser les situations pour déterminer quels clubs se retrouvent réellement en difficultés à cause de la crise ».

Enfin, à Lens, la bourgmestre Isabelle Galant et le collège ont déjà répondu à une demande du club de football. « Un nouvel éclairage a été installé. Il est en cours de vérification. Avec les jours qui raccourcissent, ce n’est pas du luxe… Pour le reste, chaque club a la possibilité d’introduire un dossier, sachant aussi que le tennis de table occupe nos locaux sans frais de location. Quant au jeu de balle, il est à l’arrêt et n’a pas introduit de demande. Important : les subsides annuels continueront à être versés ».

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Mons (Hainaut)
Aussi en Sport régional