Natation: le Montois Liam Fourneau veut entrer dans la cour des grands en 2021

Rare piscine à tourner à plein régime, le centre aquatique du Grand Large à Mons a vu défiler de nombreux sportifs durant les vacances d’hiver. Parmi eux, un grand nombre d’affiliés des Castors de Mons et notamment leur ancien chef de file, Liam Fourneau. Le spécialiste du papillon y a notamment retrouvé son coach, Maryan Stawski, et son acolyte Thibaut Ruelle, orphelin de son partenaire d’entraînement depuis le départ de celui-ci dans le département du Nord. « Je n’étais plus revenu ici depuis le mois de juillet », sourit Liam Fourneau. « Ce n’est pas pour autant que j’y ai perdu mes habitudes. J’avais 15 ans lorsque j’ai atterri aux Castors. Je quittais alors le club de Soignies après une embrouille avec le coach. J’ai choisi Mons car plusieurs nageurs, entraînés par Maryan, étaient occupés à exploser leurs temps. C’est comme ça que l’histoire a débuté. J’y ai développé un lien particulier avec Thibault, que je côtoyais déjà en compétition depuis tout petit. C’est devenu un ami qui m’a beaucoup aidé à progresser car on se tirait la bourre tout le temps. Nous nagions les mêmes nages en compétition et n’étions jamais loin l’un de l’autre. On est devenu des bons potes, même hors de l’eau. Je suis donc très heureux de le retrouver, lui et le coach, durant ces congés ».

« J’ai de la chance d’avoir décroché cette place à Dunkerque »

Au contraire du Belge qui fréquente un centre réservé aux élites françaises à Dunkerque, les licenciés montois ont dû rester au repos forcé jusqu’à la mi-décembre, date à laquelle les infrastructures aquatiques étaient en mesure de rouvrir leurs portes. « Je suis bien conscient que j’ai de la chance d’avoir décroché cette place à Dunkerque. Une opportunité que beaucoup n’ont pas. Même durant les confinements, je peux continuer à m’entraîner. En natation, un arrêt, même de quelques semaines, se répercute vite sur l’état de forme du nageur. Mais je suis certain qu’un gars comme Thibault va retrouver très vite toutes ses sensations ».

De retour dans sa région natale une dizaine de jours, Liam Fourneau a repris la direction des Hauts-de-France gonflé à bloc et bien décidé à mettre en pratique les bonnes résolutions qu’il s’est fixées. « J’ai eu quelques jours pour voir un maximum ma famille, mes amis, et ça fait du bien ! Place, désormais, à 2021 avec de nouveaux objectifs. Le principal sera de casser la barre des deux minutes sur le 200m papillon en grand bac (NDLR : piscine olympique de 50m). Peu de nageurs peuvent se targuer d’un tel chrono. En Belgique, je pense qu’il n’y en a qu’un seul. En France, ils ne sont pas nombreux. Une fois que je descendrai en dessous de ces deux minutes, j’entrerai dans la cour des grands et me rapprocherai considérablement de mes objectifs : une qualification pour l’Euro ». Avec dans un coin de sa tête les JO 2024.

T.M.

Stawski: «Liam peut viser l’Euro»

Entraînement autorisé qu’aux moins de 12 ans.
Entraînement autorisé qu’aux moins de 12 ans. - T.M.

Si Liam Fourneau a réussi à s’ouvrir les portes d’un centre dédié aux élites à Dunkerque, c’est notamment grâce aux contacts de l’entraîneur du CCM, le Français Maryan Stawski, particulièrement actif de part et d’autre de la frontière. « Les chronos signés par Liam sont très positifs, surtout après avoir été touché par le Covid et déclaré des symptômes sévères du virus », observe-t-il. « Heureusement, il a déjà retrouvé son état de forme d’avant, en attestent les temps signés lors des championnats de France il y a quelques semaines. Il a égalé et même parfois sensiblement amélioré ses références personnelles. Tout ça alors qu’il n’a presté que deux saisons complètes à Dunkerque. Liam dispose encore d’une belle marge de progression. Je suis convaincu que s’il parvient à casser le 2 : 00 sur le 200m papillon, il peut se faire une place parmi le peloton européen. Il en a les capacités ».

« Une période pas facile »

Et l’entraîneur montois d’espérer des jours meilleurs pour la natation de compétition régionale. « Aujourd’hui, les mesures sont trop contrastées de part et d’autre de la frontière linguistique. En Wallonie, les coaches ne peuvent prendre en charge que les affiliés de moins de 12 ans et doivent laisser les grands livrés à leur sort. En Flandre, il y a moins de nageurs par couloir, mais les entraîneurs peuvent s’occuper de tous leurs licenciés sans distinction d’âge. Pourquoi ? Nous souhaitons des consignes cohérentes pour tout le monde. Aujourd’hui, on fait de l’entretien, pas de l’entraînement. On a plus l’impression d’être éducateur que coach ! Pour la simple et bonne réponse que les conditions ne nous permettent pas de dispenser des séances de qualité. Nous avons aussi besoin de repères avec des échéances précises. Les nageurs doivent disposer d’un objectif en ligne de mire et calquer ainsi leur préparation sur celui-ci. Ils ne disposent d’aucune garantie et c’est inquiétant. Espérons vite des jours meilleurs pour notre discipline ».

T.M.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Mons (Hainaut)Soignies (Hainaut)
Aussi en Sport régional