D3 ACFF: les clubs de Mons-Bo aimeraient reprendre, mais ce n’est pas sans risque

Les matches de championnat, et notamment les derbies, manquent beaucoup.
Les matches de championnat, et notamment les derbies, manquent beaucoup. - E.G.

1 Renaissance Mons : déjà cinq amicaux, pour ne pas être pris au dépourvu

Luigi Nasca l’admet volontiers : il aime bien quand tout est planifié, histoire d’éviter toute mauvaise surprise… « Si l’autorisation est donnée, nous reprendrions le samedi 16 janvier à 10h. Idem le lendemain. Au menu : uniquement du foot, du ballon. Et le mardi, nous organiserions un test pour évaluer le niveau physique des troupes ».

Pour la suite, la RM 44 a déjà programmé cinq matches amicaux : le jeudi 21 janvier à Enghien, le dimanche 24 au matin à Soignies, le jeudi 28 à Flénu, le dimanche 31 au matin à Hornu et enfin, le samedi 6 février à Jette. « Nous avons donc tout mis en œuvre pour ne pas être pris au dépourvu, pour mettre tous les atouts de notre côté en cas de reprise effective. Si ça se passe bien, nous serons donc prêts. Je préfère un travail qui au final, ne sert à rien, plutôt qu’aborder un nouveau départ sans préparation ».

Si son groupe, le terrain et l’ambiance du vestiaire lui manquent terriblement, le T1 montois reste prudent : « J’ai remis des programmes individuels adaptés à tous les joueurs. Ils doivent m’envoyer leurs résultats et s’y tiennent. Franchement, je n’ai pas à me plaindre. Maintenant, si reprise il y a, je crains fort les blessures. Trois mois d’arrêt, c’est bien plus qu’une trêve normale d’été. Se remettre en route après une si longue interruption, ce n’est pas rien. Et les terrains souvent gras des semaines à venir ne vont rien arranger. Il ne faut pas perdre ces paramètres de vue ».

Enfin, l’envie n’empêche pas une forme de cas de conscience : « Quand je vois l’interdiction qui frappe toujours certains métiers, coiffeurs, pédicures, gérants dans l’horeca et autres, et que parallèlement, le football pourrait reprendre, je me dis que ce n’est pas très correct, pas très normal. D’un autre côté, si nous avons le feu vert, nous n’allons pas nous priver. Reste à voir aussi si nous aurons accès aux vestiaires et aux buvettes… » Une autre histoire.

2 Symphorinois : reprendre avec le risque d’un troisième arrêt ? Non merci !

Pascal Buntinx a également ses plans en tête, mais ne s’avance pas trop vite : « Tout va dépendre de ce qui sortira du CNS de ce vendredi. Si le football amateur obtient le feu vert, nous nous retrouverons alors le samedi 16 janvier à Saint-Symphorien pour une reprise de contact avec le ballon. Si c’est le cas, je verrai bien où les joueurs en seront. Pour ne pas rester les bras croisés durant la longue interruption, ils ont tous reçu un programme physique individualisé. Je leur fais entièrement confiance. Je sais que beaucoup sont allés courir ».

Cela ne va toutefois pas suffire pour compenser une période d’inactivité unique dans sa longueur : « Quelle coupure, étalée sur deux saisons décidément pourries ! Nous en sommes quand même à près de sept mois d’interruption. Remettre les organismes en route va nécessiter une préparation bien dosée et réfléchie. Il faudra aussi tenir compte des éventuelles prises de poids. Aux retrouvailles, comme d’habitude, les garçons vont passer sur la balance. Mais sans la moindre arrière-pensée, sans sanction à la clé. Ce sera surtout pour adapter les séances ».

Le T1 des Chiconniers se demande tout de même s’il vaut vraiment la peine de renouer avec la compétition, avec tous les risques sous-jacents. « L’envie est énorme, bien entendu. Mais bon, si c’est pour rejouer quelques semaines et puis, devoir tout arrêter une troisième fois, non merci ! Je préférerais, de loin, stopper définitivement, pour être enfin quitte de ce virus, une fois pour toutes ».

3 USGTH : la décision de la ligue de handball, intelligente et sensée

Pour Jean-Christophe Dessilly, la reprise des championnats déboucherait sur des verdicts qui ne refléteraient pas la réalité. « L’ACFF comptait sur un retour des entraînements le 15 janvier, et des compétitions un mois plus tard. À l’heure actuelle, donc, je devrais retrouver mon groupe le mardi 19 janvier. En théorie, du moins. De fait, j’ai cru comprendre que ça ne bougerait pas, que rien ne changerait dans l’immédiat pour le football amateur. Toutes les échéances se retrouvent donc, à nouveau, postposées. À partir de là, les prévisions de David Delferière, président de l’ACFF, m’interpellent. Il annonce 70 % de chances de terminer les championnats ! Je ne me montrerais pas si optimiste. Laissons le temps au temps, et aux vaccins de faire leur effet. En attendant, nous avons demandé aux joueurs de s’en tenir à un travail de fond. Je n’ai pas de retours de l’ensemble de l’effectif, mais je sais qu’une grande partie, 80 %, reste en mouvement d’une manière ou d’une autre. Je suppose que les gars se retrouvent en petits groupes pour s’exercer en extérieur, ce qui limite les risques et s’avère tout de même plus agréable ».

À propos de la saison, le coach de l’Union campe sur ses positions : « Si le championnat reprend, il risque bien d’être faussé. À mon sens, il n’a plus lieu d’être. À cet égard, je trouve que la ligue de handball a tout compris. Elle a pris la décision, intelligente, d’arrêter net l’ensemble de ses compétitions. Elle compte cependant se conformer aux décisions gouvernementales pour proposer des championnats normaux, mais organisés à titre de préparation pour la prochaine campagne. Cela permettrait d’aborder les matches avec un autre esprit, de se remettre en route sereinement, sans stress. Le but ne serait pas de gagner des rencontres à tout prix pour engranger des points importants ».

Dans quel intérêt, alors ? « D’abord, retrouver du plaisir après une longue absence, ensuite, jeter les bases de l’exercice suivant. Sans préjuger, bien entendu, des éventuels effets collatéraux de la crise. Qui sait ? Des joueurs ont peut-être totalement lâché prise, au point de se projeter dans des divisions inférieures en cas de reprise… » C’est sûr, la crise sanitaire n’a pas fini de faire trembler le monde du sport.

F.Mi.

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