Mons: boxeurs découragés, matériel dégradé, le BC Martines n’en peut plus

Diego Martines espère un retour rapide à la normale...
Diego Martines espère un retour rapide à la normale... - E.G.

Ce n’est pas un scoop, les « petits » clubs sportifs, entendez ceux qui se produisent à l’échelon amateur, mais qui jouent souvent un rôle social considérable, risquent de payer un lourd tribut à la pandémie et à ses retombées. Ce n’est pas Diego Martines, responsable du BCM à Mons, qui va prétendre le contraire. « Comment je vais ? Pas bien du tout ! », lance-t-il d’emblée. « Il faudrait d’abord qu’on m’explique pourquoi les piscines et d’autres secteurs peuvent ouvrir, et pas les clubs de sports ! En ce qui nous concerne, nous accueillons toujours les mêmes personnes tout au long de l’année. Et quand des nouveaux membres nous rejoignaient avant la nouvelle interruption, nous faisions le nécessaire pour avoir toutes les garanties de sécurité par rapport au virus. Dès lors, pourquoi ces deux poids, deux mesures ? »

Des conséquences à plusieurs niveaux

Le patron se pose aussi des questions par rapport à certaines pratiques : « Les boxeurs élites, pros, sont autorisés à s’entraîner en salle, à faire du shadow boxing et du sparring, à frapper dans les sacs… Les amateurs, eux, ne peuvent pas ! Pourquoi ? Quelle est la différence entre un pro et un amateur ? À ce que je sache, et cela fait 33 ans que je suis dans le métier, le travail et la finalité restent les mêmes ! »

Cette inactivité prolongée a des conséquences à plusieurs niveaux. « D’abord, le matériel va progressivement se dégrader, comme les sacs. Et à force de ne plus être utilisés, les gants se détériorent. L’intérieur se met à sécher. La mousse durcit si bien que, quand vous frappez à nouveau, elle finit par se briser en petits morceaux. Il n’y a alors plus rien à en tirer. Et donc, la seule solution consiste à racheter du nouveau matériel ». Autre retombée inéluctable : le découragement des élèves. « Dans le contexte du moment, beaucoup n’ont plus envie de se faire mal. Or, ils avaient l’habitude d’un certain rythme d’entraînement. Résultat : ils prennent du poids. Certains se retrouvent aujourd’hui deux niveaux au-dessus de leur catégorie habituelle ! Et puis, la plupart des élèves ont payé leur licence mais n’ont pu en profiter que trois mois. Enfin, je me suis laissé dire que nous resterions bloqués jusqu’en mars au moins, voire même jusqu’en septembre. Catastrophe ! »

Les dalles de la grande terrasse sont glissantes

Et comme un malheur ne vient jamais seul… Cela fait plusieurs semaines que Diego Martines cherche à organiser un entraînement en plein air. Hélas, les conditions climatiques l’ont chaque fois amené à annuler. « En général, je profite de la grande terrasse, à l’entrée de la salle, pour diriger des ateliers avec mes boxeurs. Mais voilà, il pleut beaucoup ces derniers temps et les dalles s’avèrent très glissantes. Ce n’est pas le moment de prendre des risques. Quant aux enfants de moins de 12 ans, je ne trouve pas intéressant de les faire venir pour quelques exercices de gymnastique. Ça, ils peuvent le faire chez eux ».

En attendant une éclaircie dans la grisaille, Diego conseille à ses élèves d’aller courir, de faire du shadow, des abdos, du power training et du travail en série pour limiter la perte d’explosivité. Enfin, il va régulièrement entretenir la salle, dépoussiérer et désinfecter le matériel. Qui sait, si le Conseil national de sécurité vient à assouplir les mesures ce vendredi ? L’espoir fait vivre.

F.Mi.

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