Foot (P1): blocus sans entraînement, l’équation du Hornutois Hieronym Renard

La tête et les jambes pour le jeune joueur hornutois.
La tête et les jambes pour le jeune joueur hornutois. - T.Da.

La période actuelle n’a pas dû bouleverser le quotidien des étudiants sédentaires, qui trouvent généralement leur exutoire ailleurs que dans la dépense physique. Pour les sportifs purs et durs, en revanche, les habitudes ont clairement changé. Après une journée plongés dans les cours, ils voyaient d’un bon œil arriver l’heure de se rendre à l’entraînement en club. C’était l’occasion de se changer les idées, de prendre l’air et de se maintenir en forme, le tout en bonne compagnie. Mais ça, c’était avant. Avant la pandémie et toutes les restrictions qu’elle implique.

En première année « ingénieur gestion » à la FUCaM, Hieronym Renard a bien senti la différence. « Je n’ai déjà pas eu une rhéto « normale », avec une fin d’année scolaire chamboulée », rappelle le Boussutois de 18 ans. « En réalité, c’est la première fois que j’étudie depuis un an. Se remettre dans le bain, retrouver la bonne méthode de travail, n’est pas évident a priori, mais j’y arrive. Je suis du genre bosseur. Et puis, sans foot ni futsal au programme, j’ai plus de temps à consacrer aux syllabus ».

Il va courir par besoin et par plaisir

Après un blocus de quinze jours, Hieronym a passé, et réussi, un premier examen ce mardi. En présentiel. « Il m’en reste cinq, bien répartis sur deux ou trois semaines. Les deux derniers vont se dérouler en distanciel, une méthode dont je ne suis pas spécialement fan. Mais voilà, c’est comme ça. À la maison, on peut vite être distrait avec le smartphone, la télé… En classe, par contre, il n’y a que le bic, la feuille et le prof. Tout est réuni pour rester concentré ». De toute façon, peu importe le contexte, le jeune homme veut arriver à ses fins. « Je n’ai pas choisi ces études par hasard. Non seulement, elles me correspondent, mais elles ouvrent pas mal de portes. De simple banquier à responsable d’une boîte, les débouchés ne manquent pas. En plus, au terme des cinq ans de cursus, j’ai la garantie, ou presque, de trouver un emploi sûr ».

Pour être dans de bonnes dispositions, Hieronym n’oublie pas de s’aérer. Par besoin, par plaisir aussi. « Cela fait du bien de sortir. Pour penser à autre chose, mais aussi pour s’entraîner un minimum. En un an, le football a été mis entre parenthèses durant de longues semaines. Or, la condition physique se perd vite si elle n’est pas entretenue. Comme cela ne me dérange pas, au contraire même, je vais souvent courir. Il m’arrive d’être accompagné de mon père ou de potes. Mais à vrai dire, je préfère y aller seul, à mon rythme. En groupe, la tentation est forte de discuter et donc, de ne pas rentrer dans la performance ». C’est sûr, il sait ce qu’il veut.

F.Mi.

«Opposer le foot et le futsal, pourtant complémentaires? Infondé»

Ses acquis en salle lui sont utiles en plaine.
Ses acquis en salle lui sont utiles en plaine. - T.Da.

Bon sang ne saurait mentir… Hieronym Renard ne pouvait pas échapper au virus, un bon celui-là, du ballon rond. Frédéric, le papa, a joué aux Junkie’s et a porté haut les couleurs nationales en futsal. Il a aussi été joueur du Léo hornutois. Quant à sa maman, elle vient d’une famille étroitement liée au football dans la région et qu’il n’est plus nécessaire de présenter, les Gorniak. Rien d’étonnant à ce que Hieronym ait hérité d’un bagage plus qu’intéressant, partagé entre technique, vista et intelligence de jeu

« Je ne sais pas de qui je tiens tout ça (rires), mais il paraît que j’évolue dans le même registre que mon père », explique le fiston, qui poursuit : « J’ai tapé dans mes premiers ballons à l’âge de 4 ans. Depuis, j’ai persévéré sans interruption, d’autant que je n’ai jamais connu de grave blessure. Autant dire que mes deux disciplines me manquent énormément. Après sept mois d’arrêt, j’espère reprendre au plus vite. Cela commence à devenir long ».

Vitesse et réactivité

Le jeune joueur combine volontiers ses passions car, contrairement à certaines idées reçues, il les juge complémentaires. « Sur une pelouse, j’apprécie les grands espaces et la liberté qui en découle, ce qu’on ne retrouve pas sur les parquets. Loin de moi, cependant, de dénigrer le futsal. Au contraire. Quand j’étais en équipes d’âge à Mons et à Charleroi, le futsal était strictement interdit. Mais j’ai toujours trouvé ce raisonnement bizarre et infondé. Personnellement, la formation dispensée en salle m’a beaucoup apporté. Dans l’exécution des gestes, j’ai notamment gagné en vitesse et en réactivité, des qualités importantes aussi au football. Bref, l’expérience me permet de dire qu’il n’y a pas lieu d’opposer ces deux sports ».

F.Mi.

Plutôt régulier dans sa saison

Avec Hornu, en P1, Hieronym dresse un bilan satisfaisant des quelques journées disputées avant l’interruption. « Durant la préparation, j’avais bien presté. En championnat, j’ai bénéficié d’un bon temps de jeu. C’est vrai, je n’ai pas encore marqué, mais j’ai délivré un assist contre Molenbaix. Je crois avoir été régulier jusqu’ici. Au niveau collectif, nous avons laissé filer quelques points navrants, mais avons su nous ressaisir. Pour la plaine, je n’ai pas de plan de carrière bien précis. Je reste raisonnable en termes d’objectifs car dans l’immédiat, ma priorité va aux études, comme me l’ont inculqué mes parents. Si tout va bien, j’en ai pour cinq ans avant de décrocher le diplôme. J’ai donc le temps de voir venir, même si je reste conscient qu’allier boulot et foot à haut niveau s’avère délicat… »

Le bulletin est un peu plus nuancé avec Ste-Odile Dour, en salle. « Je n’ai pas eu la chance de participer à beaucoup de matches. Deux, si mes souvenirs sont bons. En réalité, combiner avec la plaine devient compliqué une fois que l’on monte dans la hiérarchie ».

F.Mi.

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