L’auteur présumé des coups de couteau à Eupen ne se souvient plus de rien

Jean Hancisse (médaillon) se trouvait dans le café lors de la tuerie de jeudi soir.
Jean Hancisse (médaillon) se trouvait dans le café lors de la tuerie de jeudi soir. - D.H. GrenzEcho / D.R.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un forcené rentrait dans un bar d’Eupen armé d’un couteau. L’individu déchaîné faisait deux morts et cinq blessés. Il a été arrêté par la police et placé sous mandat d’arrêt. Le mandat d’arrêt a été confirmé ce mardi matin lors de la chambre du conseil du tribunal d’Eupen. « Il repassera devant la chambre dans un mois au maximum », nous apprend Frédéric Renier, le procureur du Roi d’Eupen. On ignore encore tout des motifs qui ont poussé le Baelenois à commettre un tel bain de sang.

Il se trouve que l’on a encore moins de chance de savoir ce qui lui est passé par la tête dans la mesure où, d’après son avocate, Judith Orban, il ne se souvient plus de ce qu’il s’est passé au moment du drame. Un aspect qui est tout de même problématique si l’on veut comprendre cette sordide histoire. On ignore à l’heure actuelle ce qui a pu provoquer cette amnésie subite. De lui, on ne sait pas non plus grand-chose à l’heure actuelle si ce n’est qu’il se prénomme Omar, qu’il vient de Baelen, qu’il a 52 ans et qu’il travaillait dans le secteur de l’horeca. Comme souvent dans ces cas-là, rien ne laissait présager de tels actes de sa part. Il n’avait d’ailleurs aucun antécédent judiciaire.

Le forcené a fait deux victimes, Vincent Schumacher, un père de famille eupenois de 47 ans, et Ralph Duveau, un Welkenraedtois de 54 ans, lui aussi père de famille.

Une cérémonie d’hommage aux victimes se tiendra ce mardi à 20h devant le café.

Jean a vu son ami mourir sous ses yeux lors de la tuerie au café à Eupen

Jean Hancisse se trouvait dans le café quand un désaxé a sorti un couteau.
Jean Hancisse se trouvait dans le café quand un désaxé a sorti un couteau. - Montage SP

On n’explique toujours pas la tuerie de la nuit de jeudi à vendredi à Eupen. Les victimes s’interrogent toujours. Parmi les personnes qui étaient présentes sur place lors du double meurtre, on compte Jean Hancisse. Le Welkenraedtois a été poignardé à six reprises. Alors que les nouvelles n’étaient pas réjouissantes initialement, l’homme va mieux. Il est resté un jour aux soins intensifs.

L’habitué du café compte des séquelles importantes malgré tout. « Il a reçu deux coups au niveau de la clavicule. Un au niveau du dos, deux au niveau de la cage thoracique, et un autre à la cuisse », nous apprend sa compagne Justine Rousseau. « Il a également fait un pneumothorax. On lui a mis un drain pour évacuer le sang dans les poumons. Ce n’est pas facile. Il a beaucoup de mal physiquement. » La fracture à la clavicule le gêne en effet encore énormément dans ses mouvements. « Mais le plus dur ce n’est pas ça. Les plaies vont se cicatriser. Les points de sutures ne feront mal qu’un temps. Mais au niveau moral, c’est autre chose. »

Il revit la scène

Le gaillard est en effet traumatisé par cet événement. « Il a du mal à dormir. Il revoit tout le temps les images de la bagarre. » Jean était en effet juste à côté de Ralph Duveau lorsque ce dernier a pris un coup de couteau dans la gorge. « Quand il était à terre, mon compagnon a essayé de réanimer Ralph sans succès. Il était déjà blessé quand il a essayé de lui donner des soins. »

Jean Hancisse (médaillon) se trouvait dans le café lors de la tuerie de jeudi soir.

Sous les assauts du forcené avec son couteau, Jean n’a eu d’autre choix que de se mettre à l’abri. Il a alors sauté par-dessus le bar pour échapper à ses coups. « La patronne, sous le choc, lui a alors crié qu’il y a un bouton qui permet d’appeler les secours. Il a appuyé dessus. Jusque-là personne n’avait pu le faire. Tout s’est passé beaucoup trop rapidement. » Jean Hancisse ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait pu agir autrement. « Soit qu’il aurait pu fuir et éviter les blessures ou bien assommer l’agresseur avec un tabouret. Mais de nouveau tout s’est passé trop rapidement. »

L’homme a également perdu son vieil ami Ralph dans l’agression. En revanche, il ne connaissait pas du tout son agresseur. « Ce n’était pas un habitué du café, il était venu quelques fois et son visage n’était pas inconnu de la patronne mais c’est tout quoi. De ce que Jean me disait, personne n’a eu de problème avec lui. C’est incompréhensible. »

Par ailleurs, l’homme qui a tué deux personnes à coups de couteau et qui en a blessé cinq autres a été placé sous mandat d’arrêt samedi, indique lundi le parquet d’Eupen qui précise qu’il passera devant la chambre du conseil ce mardi.

Trois autres victimes sont hospitalisées à Eupen. Plus aucune n’est aux soins intensifs.

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