Namur: l’équipe du Verdur répond aux critiques après l’annulation du festival

L’équipe du Verdur communique et contre-attaque.
L’équipe du Verdur communique et contre-attaque. - V.L.

Il y a deux semaines, les organisateurs du Verdur décidaient d’annuler le festival, qui devait se dérouler le samedi suivant sur la Citadelle de Namur. Face aux critiques qui se sont abattues sur eux, notamment concernant la raison de cette annulation (la météo exécrable annoncée), ils ont tenu à répondre par un long message.

« La mort dans l’âme, nous avons été contraints d’annuler l’édition 2022 du Verdur », communiquent-ils. « De mauvaises prévisions météo à l’heure des têtes d’affiche nous exposaient à une trop faible fréquentation, ce qui est mortel pour un festival gratuit, très peu subsidié.

Contrairement à ce qui a pu être écrit dans certains articles, tout était prêt. L’équipe était au complet. 15 artistes étaient à l’affiche, certains avaient déjà touché 50 % de leur cachet en acompte, la société de sonorisation était engagée, au même titre que les techniciens, ingés son et lumières, roadies, stage managers et sage-hands, une équipe d’environ 25 bénévoles complétée par deux équipes de scouts, l’électricité au Théâtre était active, l’amplification WiFi était commandée pour les postes d’achats de ressources cashless, ainsi que les caravanes pour accueillir les préposés aux guichets… On peut reprendre ainsi la liste de tous les intervenants, les bons de commande signés et les acomptes versés prouvent que l’équipe était fin prête.

Sauf que le Verdur n’est pas comme tous les festivals. Il fait partie des rares festivals gratuits encore existants qui tentent de résister au triomphe du monde marchand. Tout le monde ne peut pas se payer Werchter. Nous avions mis un point d’honneur à ce que le festival revienne dans sa formule gratuite.

Un subside en nette baisse

Le défi était d’autant plus grand que la Ville de Namur, qui subsidiait historiquement le Verdur à hauteur de +/- 60.000 € chaque année, nous a accordés en 2018 pour la seconde vie de notre événement un subside de 8.000€. Pour un festival dont le coût oscille entre 130.000 et 140.000€, ce n’est pas simple. Nous sommes parvenus à nous maintenir à flots grâce à nos sponsors et aux éditions de 2018 et 2019 qui ont fédéré respectivement 4.000 et 6.000 personnes.

La situation financière difficile a entraîné plusieurs retards de paiements de nos prestataires. Sur les 28 groupes des éditions 2018 et 2019, la toute grande majorité a été payée, mais deux d’entre eux ont rapidement fait intervenir des avocats qui ont reçu jugement du tribunal de devoir attendre la prochaine édition pour être payés. À l’heure actuelle, il reste pour chacun un solde d’environ 3.000€ qu’ils auraient déjà touché s’ils n’avaient pas enclenché une procédure judiciaire.

Les attaques parfois très virulentes qui ont suivi l’annulation de l’édition 2022 ne tiennent pas compte du combat permanent que représente l’organisation d’un festival gratuit. Étant dix fois moins subsidiés que lors des premières éditions, nous ne pouvions simplement pas nous permettre de risquer une faible fréquentation due aux mauvaises prévisions météo (qui d’ailleurs se sont révélées exactes) et synonyme de douche froide financière. Peu de public, peu de consommations au bar et nous ne pouvons compter pratiquement que sur ces revenus-là. En dessous de 6.000 personnes, nous savons d’expérience que nous ne rentrons pas dans nos frais et il est fort à parier qu’une météo pluvieuse aurait largement compromis une telle jauge.

Il est cruel de constater à quel point la tenue d’un festival gratuit se paye cash. À l’heure actuelle, nous ne savons pas encore de quoi l’avenir du Verdur sera fait. »

Dont acte.

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