Belgique et Pérou: une amitié de plus de 200 ans, aux nombreuses ramifications

César Landa Arroyo, ministre des Affaires étrangères péruvien.
César Landa Arroyo, ministre des Affaires étrangères péruvien. - Belga

« Le Pérou et la Belgique sont deux nations qui sont nées presque en même temps pour la liberté. Le Pérou en 1821 et la Belgique en 1830. Ces deux pays se sont caractérisés par leurs liens très étroits, avant même leur indépendance », entame le ministre.

La première carte individuelle du Pérou a été imprimée... à Anvers, en 1584. « La présence belge dans l'histoire du Pérou a été très notable et proéminente ; il suffit de rappeler que le premier président du Pérou, José de la Riva Agüero, était marié à la princesse belge Caroline de Looz-Corswarem », rappelle le ministre.

A l'époque où le Pérou était une colonie de l'Espagne, l'empire espagnol désigna comme vice-roi, entre 1784 et 1790, Don Teodoro de Croix, belge né dans ce qu'on appelait au XVIIIe siècle la Flandre française. « Au Pérou, de Croix, surnommé "El Flamenco", a exercé un leadership positif et a mis fin aux abus subis par les indigènes aux mains des corregidores espagnols. Il modernisa également la vice-royauté en créant des entités telles que la Chambre supérieure de commerce et le Tribunal des mines », explique le ministre.

Intérêts belges

De son côté, le Pérou s'est aussi étroitement identifié aux intérêts belges. « Lorsqu'en 1860, la Belgique entreprit de libérer l'Escaut de la lourde charge que représentaient les redevances que les navires qui naviguaient sur le fleuve à destination d'Anvers devaient payer à la Hollande, le Pérou était l'un des trois pays de l´Amérique du Sud qui ont contribué financièrement à libérer définitivement le port belge le plus important de ces paiements, ce qui représentait une entrave notable au commerce international ». A noter que la Belgique était à l’époque, après la Grande-Bretagne et la France, le plus important acheteur d'engrais d'origine péruvienne.

Au cours de la longue et fructueuse relation entre les deux pays, la coopération belge avec le Pérou a consolidé d'importantes institutions, en particulier des établissements d'enseignement, qui ont contribué de manière substantielle au développement péruvien. « Les plus remarquables sont peut-être les missions que la Belgique a envoyées au Pérou au début du XXe siècle. Cinq jeunes agronomes de Gembloux sont venus en mission. (...) L'autre mission éducative remarquable fut celle qui, en 1903, réforma le système éducatif de l'emblématique Colegio Nacional Nuestra Señora de Guadalupe et fut dirigée par le professeur belge Jules Becker », développe César Landa Arroyo.

Trafic de drogue

Mais l'un des projets de coopération belge moderne au Pérou, en avance sur son temps en matière de protection de l'environnement et de lutte contre le changement climatique, était le projet Porcón, dans le nord du pays. Grâce à cet exercice de coopération très réussi, entre 1975 et 1995, il a été possible de reboiser 8.710 hectares de forêts.

Du côté du secteur privé, le dynamisme des investissements belges au Pérou se matérialise par la présence d'entreprises telles que PRODAC (Bekaert) ou Jan de Nul mais l'investissement d'origine péruvienne se fait aussi en Belgique avec la société AGP, producteur de verre high-tech.

Fin août, des diplomates des deux pays se réuniront à Bruxelles pour tenir une session sur le Mécanisme de consultations politiques bilatérales. L’occasion d’aborder des questions telles que l'entrée du Pérou dans l'OCDE, la coopération dans la lutte contre le trafic illicite de drogue, ou encore la coopération scientifique et technologique, en particulier dans l'Antarctique.

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