Koen Naert, un fameux titre à défendre

Koen Naert, un fameux titre à défendre
Belga

Sur la liste des sélectionnés pour l’Euro de Munich, en regard de son nom, figure la mention «qualifié par wild card». Du miel pour les yeux de Koen Naert qui, à sa lecture, peut ainsi se rappeler instantanément l’un des plus beaux moments de sa carrière de marathonien, ce titre européen conquis en 2018 dans les rues de Berlin.

«C’est sûr que ça rappelle de bons souvenirs!», dit le Flandrien. «Sur le plan émotionnel, cela reste sans doute le moment le plus fort de ma carrière, celui qui m’a permis de prendre confiance en moi, même si je pense que ma dixième place aux Jeux, l’été dernier, était intrinsèquement une meilleure performance. De plus, le marathon des championnats d’Europe n’a lieu que tous les quatre ans (1) et c’est donc un titre qu’on garde longtemps. J’imagine que j’aurai un dossard particulier au départ, lundi; cela me rend assez fier!»

A 32 ans, parce qu’il était impossible de disputer deux marathons en un mois, Naert a pris l’option «logique», cet été, de défendre sa couronne plutôt que de disputer les Mondiaux d’Eugene, où Bashir Abdi a décroché la médaille de bronze. «C’est dommage d’avoir eu à choisir», regrette-t-il. «C’est la troisième fois que je dois renoncer aux Mondiaux… J’aurais peut-être pu finir plus près de la tête qu’aux JO, mais je pense avoir fait le bon choix. Essayer de conserver mon titre, c’est un très beau défi.»

Retour à Mammoth Lakes

Il en sera, dans les rues bavaroises, à sa douzième sortie sur 42,195 kilomètres depuis avril 2015, la cinquième en Allemagne, le pays où il a disputé le plus de marathons. Une sortie pour laquelle, plutôt que de se rendre en stage à Iten, au Kenya, il a, une nouvelle fois, mis tous les atouts de son côté en s’exilant pendant un mois dans sa retraite habituelle de Mammoth Lakes, en Californie, du 23 juin au 24juillet, ce qui lui a permis de suivre les Mondiaux d’Eugene en temps réel, puis en vivant chez lui en «quarantaine» jusqu’à l’heure du grand départ.

«Depuis mon retour au pays, avec ma famille, on a quasi vécu en autarcie! Les enfants ont cessé d’aller à la crèche ou chez leurs grands-parents pour ne pas ramener de microbes à la maison. Chaque fois que je suis sorti pour aller faire des courses, j’ai mis mon masque FFP2, souvent sous le regard interloqué des autres clients, qui ont tous l’impression, à tort, que la pandémie est terminée. Je ne pouvais pas prendre le moindre risque d’attraper le covid. Cela fait six mois que je travaille pour ce marathon. C’est mon boulot et je veux être professionnel.»

Depuis les Jeux, il n’a disputé qu’un marathon, celui de Valence, en décembre 2021, où il était parti avec l’ambition de battre son record personnel (2h07.39) et de dépasser Vincent Rousseau (2h07.20) au ranking belge et où il a finalement dû se «contenter» d’un chrono de 2h08.41 – quand même le deuxième de sa carrière.

«J’étais parti confiant, parce que j’avais eu une très bonne préparation, sans doute meilleure que celle des Jeux, et j’aurais dû aller plus vite», raconte-t-il. «Mais j’ai perdu un peu de ma concentration à l’échauffement, j’ai oublié de faire certaines choses, et je l’ai payé. Cela a finalement été une bonne leçon. J’ai compris que je dois absolument rester dans mon cocon jusqu’au départ, comme je l’avais fait à Berlin, en 2018. Un marathon, c’est beaucoup plus que simplement courir…»

«J’ai tout eu… sauf le covid!»

Cette année, il a limité ses sorties sur route à deux semi-marathons, à Gand, le 13 mars (1h03.41), et à Malaga, le 24 avril (1h03.46). Deux compétitions qui lui ont servi, dit-il, de «wake-up calls» tant il y a souffert.

«Mon début d’année avait été épuisant, avec mes examens à l’UGand, en février (2)», indique-t-il. «De plus, j’avais contracté à la maison tous les virus possibles – sauf le covid! – que ramenaient les enfants! La veille de la course de Gand, j’ai été malade toute la nuit, une infection pulmonaire et intestinale, et je me suis heurté à un mur pendant la course. A Malaga aussi, j’étais épuisé et j’ai mis des jours à me remettre…»

Il a donc opté pour une préparation «différente» pour cet Euro, en travaillant beaucoup plus en qualité. «Je ne me dis plus que je dois absolument avaler 230 kilomètres par semaine, je sais où j’en suis.»

Il sait qu’il figurera parmi les hommes à battre à Munich, mais fait confiance à sa science de la course et à son expérience. «Je pense savoir “ “lire” ” une course, je suis capable d’anticiper parce que je suis constamment en train de regarder partout autour de moi. Je veux croire en mon instinct. En ne craignant personne.»

(1)Lors des championnats d’Europe organisés l’année des JO, il est remplacé par un semi-marathon. (2)Naert, qui a un diplôme d’infirmier, a repris des études en Promotion de la santé.

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